L’économie doit se réconcilier avec le temps long et ne doit pas oublier le passé

L’Occident vit une époque avec deux faiblesses importantes qui ont des conséquences assez désastrueuses en économie sur la durée. Il y a bientôt 40 ans, pendant la chute du mur de Berlin, l’Occident était triomphant et était une zone géographique dont la puissance était incontestée. En revanche des auteurs comme Huntington, dans son livre le Choc des civilisations, expliquait que l’Histoire allait revenir à une forme de norme avec des pôles organisées autour des différences culturelles. Ce retour est effectif aujourd’hui, l’Occident est loin de son éclat d’il y a 30 ans et des grandes puissances comme la Chine ont émergé. L’Asie est aujourd’hui la première zone économique du monde et la guerre en Iran montre que l’Occident n’est pas capable de gagner une guerre contre une puissance inférieure militairement mais bien organisée.

Le but n’est pas d’être dans une logique nationaliste mais qu’un héritage idéologique et culturel rayonne dans le bon sens. L’Occident a apporté des valeurs comme la démocratie avec les Révolutions anglaise puis française. Son héritage culturel est également extraordinaire et peut apporter beaucoup de positif dans le monde qui vient. A une époque où les nouvelles technologies, dont l’intelligence artificielle, prennent plus d’importance face à l’humanité, s’inspirer d’époques brillantes du passé dans ce qu’elles ont apporté de positif peut être une bonne chose.

Si on prend l’exemple de la France, son ascension la plus brillante a sans doute été entre Henri IV et Louis XIV. Henri IV s’est attaché au développement économique et au dialogue entre les religions. La politique française a été à l’époque une des plus favorable aux arts et à la culture depuis le début du XVIème siècle. Son souci de référence à l’Antiquité a été un moteur important pour le redressement de la civilisation occidentale. Henri IV comme ses successeurs sont restés dans cette ligne. Le rayonnement de la France a cette époque a été économique, militaire, scientifique et culturel. Il est devenu une référence dans ces domaines avant d’être dépassé par l’Angleterre mais en restant la deuxième puissance du monde pendant deux siècles. Cette montée en puissance s’est cependant faite sur le temps long et a eu beaucoup de facettes. La société de consommation occidentale n’a sûrement pas assez prise en compte l’importance de la culture, par exemple de l’art, de la religion ou de la philosophie. La Chine a au contraire réussi à se réconcilier avec son héritage confucéen, comme de nombreux pays asiatiques qui se sont inspirés du Japon malgré les nombreuses tensions encore existants. Elle a su aussi se situer dans le temps long avec de nombreux essais malgré certains désastrueux comme la Révolution Culturelle de 1969. Mais cette approche a été efficace et l’Asie a connu sa Renaissance qu’elle a effectué en deux siècle comme l’Occident à l’époque du XVIème siècle.

Le néolibéralisme d’aujourd’hui a tendance à marginaliser la culture et cela affaiblit le modèle. De nombreuses grandes civilisation ont su utiliser les deux. Un exemple est celui des bibliothèques qui ont été des symboles de rayonnement, de la bibliothèque d’Alexandrie à celui d’Aristote ou celui des Abbassides. Les ordres monastiques ont rayonné à cause de cela également : des moines comme Thomas d’Aquin ou Luther ont été des grandes figures à leurs époques. Un moyen de résister à l’emprise trop grande des nouvelles technologies peut aussi être un retour au monde des bibliothèques. Ce savoir peut enrichir les économies des pays comme de nombreuses grandes civilisations ont su le faire.

La société de consommation peut rendre sourde et il faut aller à l’encontre de cette mentalité. Sans ouverture sur la culture la France ne serait probablement pas montée en puissance comme elle l’a fait aux XVIème et XVIIème siècle. De nombreux autres exemples existent. L’autre piège du « tout tout de suite » doit aussi être évité. Comme dit un vieux proverbe « Rome ne s’est pas faite en un jour » et il est temps de retrouver cette mentalité en économie.  

Laisser un commentaire